Surélévation bois du bâtiment Bison Futé à Rosny-sous-Bois pour une résidence sociale de 169 logements par Ossabois

Bison Futé, Rosny-sous-Bois (93) : transformation du CNIR en résidence sociale de 169 logements

Quand la construction hors-site bois donne une seconde vie à un patrimoine architectural des années 1980.

Adresse

111 rue Camélinat, 93110 Rosny-sous-Bois

Programme

Résidence sociale : 169 logements (studios et T1), 8 espaces communs, 7 locaux de gestion, 14 locaux techniques, 1 600 m² d’espaces extérieurs paysagers

Surface totale

5 200 m² SDP

Maître d'ouvrage

Batigère Habitats Solidaires

Architecte

Canal Architecture

BET Structures

INCET

BET Acoustique

ITAC

Paysagiste

La Talvera

Labels et certifications

NF Habitat, AMI EPAU « Engagés pour la qualité du logement de demain »

Statut

En cours

Livraison prévue

2027

Au cœur de Rosny-sous-Bois, l’ancien Centre National d’Information Routière (CNIR), dit « Bison Futé », renaît sous une nouvelle forme. Conçu dans les années 1980 par les architectes Ludwik Peretz et Gilbert Delecourt, ce bâtiment emblématique en structure béton, resté inoccupé depuis 2016, fait l’objet d’une transformation ambitieuse : la création d’une résidence sociale de 169 logements destinée aux résidents du foyer Allemane, qui vivaient jusqu’alors dans des conditions dégradées.

Missionné par Batigère Habitats Solidaires et conçu par Canal Architecture, ce projet lauréat de l’AMI « Engagés pour la qualité du logement de demain » (Ministère de la Culture / Ministère du Logement / EPAU) place Ossabois au cœur d’une opération de référence en matière de réhabilitation hors-site par la filière bois.

Transformer plutôt que démolir : une stratégie structurante face à la rareté du foncier

Dans un contexte de pression foncière intense en Île-de-France, la démolition-reconstruction n’est plus systématiquement la réponse pertinente. Le carbone investi dans la structure existante représente une ressource qu’il serait irresponsable de gaspiller. Le projet de transformation du CNIR, dit « Bison Futé », incarne une autre voie : la transformation architecturale comme levier de densification décarbonée.

L’enjeu de Canal Architecture et d’Ossabois était de respecter l’identité singulière du bâtiment d’origine tout en le faisant corps avec une extension ambitieuse. Le résultat : une surface de plancher plus que doublée, passant de 2 500 m² à 5 200 m², grâce à une combinaison de réhabilitation de l’existant, d’une addition d’un niveau en béton et d’une surélévation sur trois niveaux en construction bois préfabriquée hors-site.

Trois enjeux majeurs ont guidé l’ensemble de la démarche :

  • la réhabilitation et la valorisation du patrimoine bâti existant ;
  • la production d’un logement social de qualité, digne et autonome ;
  • l’industrialisation bois hors-site comme outil de transformation viable et reproductible.

 

Le rôle d’Ossabois : rendre la transformation possible

Ossabois intervient en tant qu’industriel hors-site bois sur l’ensemble de la surélévation. La mission couvre la fabrication et la pose :

  • de 69 modules 3D bois : c’est une première, ces modules ne sont pas à angles droits, ils épousent la géométrie courbe et non-orthogonale du bâtiment d’origine, une prouesse technique inédite dans la construction modulaire bois ;
  • d’éléments 2D bois (ossature bois, parois, panneaux, composants d’enveloppe) assemblés sur site ;
  • de coursives en plancher CLT et des raccords bois-béton assurant la continuité structurelle entre la surélévation et le socle existant.

L’intervention se déploie sur trois zones distinctes du bâtiment : une zone en façade droite combinant modules 2D et 3D sur béton, une zone de rénovation en arc de cercle associant également 2D et 3D sur niveau béton, et une zone d’extension en arc de cercle réalisée entièrement en modules 3D. Cette organisation en zones répond à la morphologie courbe du CNIR et permet d’adapter précisément le mode constructif à chaque partie du programme.

Au total, la surélévation représente 2 200 m² de construction bois préfabriquée, répartis sur trois niveaux, posés en élévation sur le socle béton existant du CNIR.

La complexité de cette géométrie courbe a imposé une modélisation numérique d’une précision millimétrée et un dialogue constant entre Canal Architecture et les équipes techniques d’Ossabois en amont de tout acte constructif. Le savoir-faire industriel a orienté la conception architecturale, définissant ainsi un nouveau modèle de collaboration entre architecte et constructeur hors-site bois.

La dimension environnementale : patrimoine, bois et économie circulaire

La conservation intégrale de la structure béton du CNIR évite l’empreinte carbone d’une démolition-reconstruction complète. Le bois, matériau biosourcé et stockeur de carbone, vient compléter ce socle existant en apportant légèreté structurelle et performance thermique.

Les enveloppes des modules 3D intègrent bardage en lames bois, ossature bois, isolation performante et membranes techniques pour atteindre un haut niveau de confort thermique et acoustique dans chaque logement. La toiture végétalisée et la végétalisation verticale du patio central renforcent l’intégration paysagère du projet et la biodiversité urbaine.

La démarche s’inscrit également dans une logique d’économie circulaire avec l’accompagnement d’Upcyclea, et bénéficie de la certification NF Habitat ainsi que du label AMI EPAU « Engagés pour la qualité du logement de demain ».

Habiter dignement : la qualité d’usage au cœur du projet

Ce projet n’est pas seulement un défi technique. Il a une finalité humaine et sociale forte : permettre à 169 résidents de passer d’une situation de promiscuité subie – dans les locaux dégradés du foyer Allemane – à une autonomie retrouvée, dans des logements individuels de qualité.

Chaque logement, principalement des studios et T1 entre 16,5 et 18 m², a été pensé pour maximiser le bien-être dans un espace restreint : lumière naturelle, aménagement mobilier optimisé, confort thermique et acoustique, matérialité soignée. La palette chromatique intérieure, vive et assumée, témoigne d’une exigence de dignité dans le logement social.

La résidence propose également :

  • 8 espaces communs favorisant la vie collective et les échanges ;
  • 1 600 m² d’espaces extérieurs paysagers (l’ancien parking aérien transformé en jardin partagé) ;
  • 7 locaux de gestion et 14 locaux techniques.

 

Un projet reproductible, un modèle pour la transformation de masse

Ce projet démontre que la transformation ambitieuse de l’existant est non seulement possible, mais qu’elle peut être plus innovante que la construction neuve. Il apporte la preuve que :

  • le bâti des années 1980 peut devenir un support pertinent de densification verticale ;
  • l’industrialisation hors-site bois est un levier puissant pour rendre économiquement viable la surélévation en site contraint ;
  • la géométrie non-orthogonale, longtemps perçue comme un obstacle au hors-site, peut être maîtrisée par la modélisation numérique et l’expertise industrielle ;
  • patrimoine et industrie ne s’opposent pas, ils se complètent.

 

A mesure que le parc de bureaux obsolètes et de bâtiments sous-utilisés s’accumule en France, la capacité à transformer massivement l’existant deviendra une compétence stratégique. Ossabois entend être un acteur structurant de cette transformation.

Croquis architectural du projet de transformation du CNIR à Rosny-sous-Bois en résidence sociale

Croquis architectural du projet de transformation du CNIR à Rosny-sous-Bois en résidence sociale